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RAPPORT ANNUEL 2003

" Une association n'appartient pas à ses membres; elle appartient à une idée ".

Née officiellement le 24 août 1996 après une intervention aquatique dans le bassin Louise - témoin la Déclaration de Chez Belley - la Société des Gens de Baignade mène depuis maintenant 8 ans des actions de sensibilisation auprès des pouvoirs publics afin qu'au Québec en général et que dans la Capitale en particulier soit un jour reconnu à la population un droit d'accès et d'usage des plans d'eau publics.

Car, contrairement à l'Europe, il n'existe plus au Québec de droit collectif d'accès aux rivages du fleuve, des lacs ou de la mer: ce droit a été graduellement perdu durant le siècle qui a succédé à la conquête de la Nouvelle-France par l'Angleterre en 1759. L'Histoire du droit québécois de l'eau - en fait, le récit d'une longue dépossession - constitue une lecture fascinante, que notre Société espère pouvoir mettre bientôt à la disposition du grand public grâce à une généreuse collaboration de la Commission de la Capitale nationale du Québec.

Au préalable de toute action de quelque nature qu'elle soit, il y a quelques concepts bien sûr, et ces derniers doivent pouvoir tenir la route durant de longues années, mais il y a avant tout une équipe. La force de la Société des Gens de Baignade, ce n'est pas l'argent, ce n'est pas l'attrait de la fortune ou de la renommée, c'est la pensée et l'action de ceux et celles qui lui donnent son âme…et leur remarquable complémentarité.

L'un suggère tel réajustement du chemin à suivre et aussitôt se dégagent de nouvelles perspectives stratégiques (Louis). L'autre prend bénévolement en charge la mise sur pied d'un site internet devenu indispensable (Stéphane). Grâce au troisième, rien n'échappe à la Société de ce qui se passe à Montréal, Toronto, Paris ou ailleurs dans le monde en matière de waterfronts (Gérald), ce qui permet non seulement de nous ajuster sur ce que font les autres, mais probablement de les précéder d'une bonne décennie. Un quatrième (Jimmy) se charge d'une présentation grâce auquel la Société passe de l'âge de pierre (diapos) aux temps modernes (Power Point). Un cinquième, encore plus fort, crée tout simplement et de toutes pièces l'objet de toute la démarche - une plage publique au bassin Louise - dans un domaine où une photo vaut effectivement mille mots (Serge). Pas étonnant que les choses aillent plutôt bien…

Quelques démarches et actions de la Société en 2003

Février 2003: dépôt d'un mémoire ainsi que d'une documentation auprès de la Commission consultative pour les équipements de plein air de la Ville de Québec.

Début juin 2003 : la Société participe à un Forum organisé par la Ville: " Une vision pour Québec - L'avenir maintenant ! " Dépôt d'une documentation et participation aux débats : la question de l'accès de la population au fleuve Saint-Laurent est soulignée devant plusieurs groupes de discussion sur l'aménagement du territoire.

Le 29 juin 2003 : Intervention aquatique annuelle au bassin Louise, largement commentée dans le journal Le Soleil. Pour la première fois, une élue du peuple, représentant les intérêts collectifs de la population - Mme Agnès Maltais, députée de Taschereau à l'Assemblée nationale - , prend publiquement et symboliquement fait et cause pour le concept d'ouvrir à la population l'accès et l'usage d'une modeste partie du bassin Louise. Une réunion a lieu le 4 septembre avec Mme la Députée qui consent alors une aide financière de 1000 dollars. Au sujet du projet bassin Louise, Mme Maltais nous informe qu'elle veut vraiment jouer un rôle de promoteur, elle veut faire avancer le projet régionalement.

En août 2003 a également lieu la première d'une série de fructueuses rencontres entre des responsables de la Société et les conseillers et conseillères de l'Arrondissement 1 (La Cité), à l'occasion des conseils municipaux d'arrondissement. La Société demande alors de pouvoir rencontrer à la fois les élus et les hauts fonctionnaires responsables de l'aménagement des rivages du Vieux-Québec, incluant le bassin Louise. Cette réunion a lieu le 20 novembre et permet à la Société de présenter à des élus, pour la toute première fois, l'essentiel du " Concept bassin Louise. " Les conseillers de l'arrondissement de La Cité, devant le sérieux de la proposition, décident d'au moins préserver l'avenir et adoptent à l'unanimité une demande d'ajout au Plan stratégique : " Sur la proposition de M. Yvon Bussières, appuyée par monsieur Jacques Joli-Cœur, il est résolu de demander au Conseil de la Ville d'ajouter au plan stratégique de la Ville de Québec - au volet général de la Ville concernant les milieux de vie de qualité, qui doit être approuvé au Conseil de ville en janvier 2004 - deux actions prioritaires de développement pour l'arrondissement de La Cité, soient le coteau Sainte-Geneviève et le Bassin Louise. "

En fait, ces élu(e)s - Yvon Bussières, Jacques Joli-Cœur, Lynda Cloutier, Ann Bourget et Louise Lapointe - , demandent au Conseil de Ville d'appliquer les trois principes directeurs quant à l'aménagement du rivage du quartier historique, pourtant dûment adoptés et entérinés 12 ans plus tôt par M. le maire Jean-Paul L'Allier et tout le Comité exécutif de la Ville, soit le 25 mai 1992. À cette date, en effet, la Ville confirmait " les usages récréatifs sur les abords nord-ouest du bassin Louise. En raison du point de vue exceptionnel qu'elle offre sur la marina et sur la falaise, la tête du bassin Louise est quant à elle réservée, conformément au zonage actuel, à la fonction d'espace vert. (…) Quant à la possibilité d'y construire un ou des édifices à vocations institutionnelle…elle n'apparaît pas opportune pour la Ville. " (Communiqué, Bureau du Comité exécutif, Ville de Québec, 25 mai 1992).

D'autre part, des démarches sont enclenchées afin de revenir au zonage antérieur à 1992 en ce qui a trait à la section de tête du bassin Louise, c'est-à-dire que ce secteur crucial entre tous, pour l'accès au fleuve à partir des quartiers centraux, devrait redevenir classé récréatif public. Il s'agit d'une importante réalisation, peut-être la plus significative - à terme - de toute l'année 2003.

Un Corps expéditionnaire à Montréal - "Les Braves du Nord" (Luc Bergeron, ZIP Ville-Marie)

Le 7 septembre, un Corps expéditionnaire de la Société en provenance de la Vieille Capitale se déplace à Montréal. L'objectif : prouver qu'on peut faire autre chose au cœur de la métropole que de regarder bêtement le fleuve, c'est-à-dire que la qualité de l'eau est telle qu'on peut nager dedans et ainsi ouvrir des possibilités extraordinaires à tous ces Montréalais qui vivent au centre-ville. L'opération - organisée conjointement avec des réseaux Montréalais associés au Jour de la Terre ainsi qu'à des ZIP's montréalaises, sans oublier le Conseil régional de l'Environnement de Montréal, - est couronnée de succès et suscite une remarquable couverture de presse. Un tabou a été brisé, le fleuve s'ouvre à la population là ou çà compte et déjà les nouveaux collègues Montréalais préparent la deuxième édition de ce Splash urbain, directement au bas de la célèbre Place Jacques-Cartier, dans le Vieux-Port, au cœur même du Vieux-Montréal.

Le 24 octobre, nous recevons une lettre de M. Luc Bergeron, coordonnateur de la ZIP Ville-Marie, qui confirme l'efficacité de l'opération à Montréal : " Pour faire suite à la baignade, il y a eu démarrage d'un comité d'usages. L'objectif pour l'été prochain, donc plusieurs journées de baignade autour de Montréal ! Nous travaillons Chantal (Rouleau) et moi ainsi que plusieurs autres groupes de Montréal, à la réussite de ces journées de baignades. Vous serez invités, vous les Braves du Nord, et bien sûr Loulou. Il faudrait assurer la pérennité de Loulou ou du moins avoir quelques clones ! Elle devrait devenir le symbole du retour de la baignade pour tout le fleuve. "

Également en septembre, à la demande de M. Émilien Vachon, Directeur de l'École d'Architecture de l'Université Laval, trois officiers de la Société - Serge Plamondon, Louis Campagna et Léonce Naud - effectuent une intervention à l'École dans le cadre d'une Charrette architecturale portant sur l'aménagement des secteurs bassin Louise Vieux-Port. Les résultats parlent d'eux-mêmes : la plupart des groupes de travail formés d'étudiants en architecture intègrent désormais dans leur vision du littoral des usages physiques de l'eau pour la population, au premier chef la baignade familiale ou populaire ou encore des facilités d'accès et de mise à l'eau au fleuve pour de petites embarcations.

En novembre 2003, Mme Christiane Gagnon, députée du comté fédéral de Québec au gouvernement fédéral canadien, décide d'appuyer elle aussi le concept d'ouvrir au public la section de tête du bassin Louise, constatant que le projet rejoint l'intérêt général de la population. Rappelons que le bassin demeure à ce jour sous juridiction du gouvernement fédéral du Canada et reste totalement interdit d'usage public.

Le 24 novembre, la Société du 400e anniversaire de Québec invite la Société des Gens de Baignade ainsi que toute une série d'organismes à découvrir le Cadre de programmation des Fêtes de 2008. Décision est prise de préparer une pochette standard de grande qualité, destinée à présenter notre concept auprès de divers intervenants. Sur place, on propose que le projet bassin Louise fasse partie des réalisations durables entraînées par les Fêtes de 2008.

La Société maintient des liens depuis plusieurs années avec le Comité des Citoyens du Vieux-Québec (CCVQ). Le 12 novembre, à l'occasion de son Assemblée générale, le CCVQ décide d'appuyer fermement le concept d'usage public de la tête du bassin Louise. C'est également au cours de l'automne que des démarches entreprises auprès de la Coopérative des Horticulteurs du Marché du Vieux-Port portent fruit et que cette dernière décide à son tour d'appuyer le concept, tout comme le Comité des citoyens de Saint-Sauveur. Des démarches sont en cours actuellement afin d'obtenir l'appui du Comité des citoyens du quartier de Saint-Jean Baptiste.

Enfin, le 19 janvier 2004 a lieu une rencontre avec Mme Agnès Maltais, députée de Taschereau à l'Assemblée nationale. Ces démarches nous aident à comprendre les ressorts parfois inédits de décisions régionales. La Société tient à exprimer ses remerciements à la députée du comté pour son soutien indéfectible.

Tout dernièrement, soit le 4 février, présentation du concept bassin Louise aux élus et hauts fonctionnaires de l'Arrondissement de Beauport, suite à l'invitation de son président M. Jacques Langlois, également Chef de l'Opposition à la Ville de Québec, dont l'intérêt et la sollicitude envers l'usage public du fleuve et de ses rives est bien connu. La Société explique aux responsables de l'Arrondissement de Beauport que ses intérêts s'étendent bien au-delà du bassin Louise, et qu'elle travaille aussi bien au niveau régional que national ou international. Cette réunion a contribué à sensibiliser la Société des Gens de Baignade - malgré l'urgence du projet bassin Louise - à la nécessité de travailler de façon plus soutenue avec les collègues de Beauport et des démarches en ce sens seront entreprises incessamment.

Enfin, la Société tient enfin à remercier chaleureusement la ZIP de Québec et Chaudière-Appalaches ainsi que sa directrice Mme Hamida Hassein-Bey, pour le soutien et l'appui à nombre de démarches entreprises ces dernières années par la Société dans le but de redonner aux Québécois l'accès et l'usage de leurs plans d'eau publics.

Léonce NAUD, président