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RAPPORT ANNUEL 2002

" Une association n'appartient pas à ses membres; elle appartient à une idée ".

La Société des Gens de Baignade est maintenant âgée de cinq ans révolus. Pas encore l'âge de raison, mais çà s'en vient ! En fait foi la fameuse Déclaration du 24 août 1996, mieux connue sous le nom de Déclaration de chez Belley. Nous partageons - avec la célèbre compagnie d'assurances Lloyd's de Londres - le privilège d'êtres nés dans une taverne, plus précisément à la terrasse, devant la taverne. Les fondateurs de la compagnie Lloyds se trouvaient, quant à eux, à l'intérieur de l'établissement, climat anglais oblige. En ce 17 mars 2003, il me fait plaisir de vous rendre compte des activités de la Société pour l'année qui vient de s'écouler.

Mission

Brièvement, la Société a pour objectif de favoriser l'accès, l'usage et la jouissance des fleuves, lacs, rivières, bassins ainsi que leurs rivages par l'ensemble de la population. Elle travaille à la mise en place d'aménagements riverains visant à satisfaire les besoins du plus grand nombre, sans aucune distinction de niveau social, de fortune, de propriété ou tout autre particularité. La Société affirme que la démocratisation de l'usage récréatif de l'eau contribue au développement économique, à la création d'emplois, au progrès social ainsi qu'à la santé publique. La Société étend son action à l'ensemble du Québec et ailleurs au Canada. Elle développe des relations internationales dans le but d'enrichir la vision de ses membres, de leur permettre de découvrir ce qui se fait ailleurs et d'attirer l'attention internationale sur les réussites québécoises en matière d'aménagements littoraux destinés à l'usage du plus grand nombre.

Réalisations de la Société en 2002

Autant la Société est en train d'influencer profondément l'action de plusieurs ministères et organismes gouvernementaux ou non à l'échelle de tout le Québec, autant la situation à Québec peut apparaître figée et immobile. Au niveau du Québec dans son ensemble, l'influence d'un groupe organisé et articulé comme le nôtre est remarquable quand on considère l'importance que la nouvelle Politique québécoise de l'eau accorde à la question des accès et usages publics, faisant suivi en cela aux recommandations du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement, lequel s'était fait l'écho fidèle de nos représentations. N'oublions pas qu'au début de l'élaboration de cette politique, il n'était pratiquement pas question de cet aspect de la question.

Nous avons également réussi à sensibiliser une véritable constellation de comités et de groupes de travail Ottawa-Québec qui gravitent autour du Plan Saint-Laurent Phase 4. Un Comité permanent fédéral-provincial consacré exclusivement à l'accessibilité des rives a même été mis sur pied et des dizaines de projets d'accès au fleuve ont été répertoriés à date. Pas trop mal pour un milieu constitué essentiellement de biologistes, qui avaient pour habitude de ne pas trop tenir compte des besoins de la population vis-à-vis les usages publics du fleuve ou des plans d'eau…

Au niveau québécois, au mois d'août dernier, nous avons expédié une documentation aux 125 députés de l'Assemblée nationale ainsi qu'aux 75 représentants du Québec à Ottawa, dossier qui comprenait entre autres une lettre-synthèse acheminée à MM. Landry et Chrétien. Quoique chaque niveau de gouvernement a pris grand soin pour ne pas répondre à la question posée, le geste a néanmoins commencé de les sensibiliser au projet d'ouvrir le bassin Louise à l'usage public. Au niveau municipal, un courrier analogue avait été expédié auparavant à MM. L'Allier et Langlois, respectivement Maire et Chef de l'Opposition à l'Hôtel-de-Ville de Québec, ainsi qu'à tous les conseillers municipaux (41) et aux membres de Conseils de quartier, comités de citoyens… Jusqu'ici, M. le Maire n'a jamais donné suivi à ces courriers, pas même un accusé de réception.

Côté sensibilisation régionale, une baignade de fin de saison au bassin Louise le 2 septembre 2002 a généré quelques articles de presse et des reportages télé, comme toujours sympathiques à la cause. Le président de la Société a aussi été sollicité à plusieurs reprises pour des entrevues à la radio ou à la télé sur des questions relatives à l'accès au fleuve. Comme à chaque année, nous avons donné un bon coup de main publicitaire au Club de natation CSQ, lequel organise la Traversée du fleuve à la nage, événement qui a eu lieu le 6 septembre. Durant toute l'année, la Société a continué à garder à jour la revue de presse et les travaux sur la future 'Bible de l'accès à l'eau' dans la région de Québec se sont poursuivis, mais à rythme ralenti.

Plus récemment, le 22 février 2003, la Société a présenté le concept bassin Louise aux membres de la Commission consultative de la Ville sur une éventuelle politique en matière d'activités physiques, sportives et de plein air, où elle a été reçue avec intérêt. Des représentations sont aussi effectuées auprès des partis politiques pour leur suggérer d'inclure la question de l'accès public au fleuve à l'intérieur de leurs plates-formes régionales respectives. Enfin, il y a quelques mois, le site internet Québec urbain - qu'on dit assez fréquenté - a disposé notre documentation sous l'item Vieux-Port.

La Société a consacré beaucoup d'efforts à une réflexion fondamentale sur l'aménagement du littoral urbanisé de Québec. Deux documents deviendront bientôt disponibles sur cette question : le premier traite de l'aménagement du littoral dans son ensemble par rapport à ce qui s'est fait à Montréal et ailleurs en Amérique du nord, le second s'attache à la façade maritime de la Vieille Ville (à partir des quais de la Garde côtière jusqu'au bassin Louise extérieur) et à ce qui reste de lambeaux d'espaces publics. Ces deux documents constitueront d'ailleurs deux chapitres du livre en préparation : Québec ville balnéaire 1608 - 2008.

Prendre symboliquement possession du bassin

Il faut garder en mémoire que présentement, la Ville de Québec est toujours en sollicitation de promoteurs immobiliers pour ériger un hôtel au bord de l'eau, à la tête du bassin Louise, de même qu'un édifice à bureaux pratiquement sur le quai dans l'espace libre situé entre le Centre d'interprétation de Parcs Canada et les condominiums de l'ancien édifice Gauvreau-Beaudry, près de l'écluse du bassin.

Les responsables de la Ville entendent compléter leur grand dessin pour le bassin Louise, soit en faire un espace aquatique fermé au public, réservé à un club privé qui occupe l'endroit pour y stationner quelques centaines de bateaux de plaisance. Pour fermer physiquement et psychologiquement le bassin à la population, on l'entourera de bâtiments qui agiront comme autant de verrous interdisant tous usages populaires, lesquels nécessitent des rives bien dégagées pour pouvoir accueillir les usagers d'un plan d'eau.

Un tel comportement urbain, ailleurs au Canada ainsi que dans bien des pays développés, serait considéré comme extrêmement préjudiciable envers l'intérêt public, sans parler de l'intérêt national, aucun pays n'ayant intérêt à ce que sa Capitale donne l'image d'une république bananière, où les plus pauvres et les classes populaires sont généralement exclus des espaces urbains de qualité.

Urgence d'affirmer le caractère public du plan d'eau

À l'instar de ce qui s'est passé dans le cas de la réhabilitation de la rivière Saint-Charles - où la population et les dirigeants ont été sensibilisés largement suite à la descente annuelle de la rivière en canot - le temps est venu - vu que le concept général est désormais bien établi et accepté par la plupart des gens qui prennent le temps de l'examiner - d'organiser une Très Grande Baignade (TGB) ou encore la " Mère de toutes les baignades ".

Une telle démonstration populaire, annoncée et publicisée des mois à l'avance (ce qui ferait croître l'intérêt…), pouvant accueillir des gens de partout au Québec et pourquoi pas de l'étranger, couplée à une continuation des démarches d'information et de sensibilisation du grand public et des groupes sociaux organisés, serait susceptible d'arriver à son heure, 12 ans après la première proposition faite à la Ville de Québec de mettre en place une plage urbaine publique au bassin Louise (janvier 1991).

Enfin, l'année 2003 devra voir la publication du livre : Québec ville balnéaire - 1608 - 2008 ainsi qu'un colloque à l'automne (à être organisé par la ZIP de Québec et Chaudière-Appalaches) portant sur l'accès et l'usage des plans d'eau urbains au 21e siècle, avec une emphase sur le cas intéressant que présente le bassin de la princesse Louise…

Léonce NAUD, président