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RETOUR AU FLEUVE

LA PRESSE, 12 septembre 2003

par Katia Gagnon

Au moment où la ville de Québec prépare un ambitieux plan de revitalisation de ses berges, qui comprendra une plage à l'Anse-au-Foulon, au moment où Paris-Plage attire trois millions de visiteurs sur les bords de la Seine, que se passe-t-il à Montréal ? Des citoyens en sont réduits à se jeter dans le fleuve, malgré l'interdiction des autorités du Vieux-Port, pour réclamer l'installation d'installations adéquates pour la baignade.

Incroyable mais vrai: nous vivons sur une île mais il est presque impossible de se baigner dans le Saint-Laurent. À moins de se rendre à la plage Doré ou à celle du Cap-Saint-Jacques, les baigneurs montréalais qui ne vivent qu'à quelques minutes de l'eau doivent s'acheter une piscine pour se rafraîchir. Dans les années 60, les 260 kilomètres de berges de l'île étaient pourtant semées d'une cinquantaine de plages. Depuis, bien sûr, il y a eu la pollution et les eaux sales. Mais ce temps est bel et bien terminé, assurent les experts.

Sauf à l'extrémité est de l'île de Montréal, où plusieurs sites sont encore insalubres, il n'y a plus aucun danger à se baigner, à canoter et à pêcher dans le Saint-Laurent. Plusieurs sites d'échantillonnage rencontrent les normes de qualité de l'eau depuis au moins cinq ans. Mais on laisse sur ces sites, souvent magnifiques, des affiches qui indiquent erronément que l'eau est polluée. Résultat: la population voit encore le fleuve comme un égout à ciel ouvert. On ne se baigne pas, on ne navigue pas en petites embarcations. L'épopée récente d'un journaliste de l'Actualité, considéré comme un hurluberlu parce qu'il désirait faire le tour de l'île de Montréal en canot, est éclairante à cet égard. Quatre jours, cinq longs portages et plusieurs fonctionnaires irascibles plus tard, il avait complété son odyssée.

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Il est proprement inconcevable que le considérable potentiel récréo-touristique du Saint-Laurent demeure encore inexploité. Imaginez un instant les plages, les terrasses au bord de l'eau, les trajets en canot et en kayak, les sites de pêche qui pourraient être accessibles à tous ceux qui habitent l'île. Sans parler des touristes. Bien sûr, il faudra pour cela dépenser quelques dizaines de millions. Mais a-t-on idée de ce que de telles installations pourraient rapporter ? Sans parles des améliorations considérables à la qualité de vie à Montréal, un des axes de vente majeurs de la métropole à l'étranger. Il est plus que temps que Montréal retrouve ses origines et amorce un vrai retour au fleuve.