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LE
SOLEIL |
Mardi 29 juin 2004 |
ÉDITORIAL
Une
plage en ville
L'
événement n'en est presque plus un tellement il fait dorénavant partie
des mœurs de la ville. Aux lendemains de la Saint-Jean-Baptiste, depuis
1997, la Société des Gens de Baignade de Québec et ses sympathisants sautent
dans les eaux du bassin Louise pour promouvoir l'idée d'y aménager une
plage publique. Des rêveurs, diront certains. Mais des rêveurs qui ont
bien raison de s'accrocher à ce projet, malgré l'indifférence généralisée.
Pensons-y
un instant. Est-ce normal que Québec, une ville portuaire, une ville d'eau,
n'offre à la population aucun accès à des plages publiques au centre-ville,
même si ce prétendu rêve n'a rien d'impossible ? D'autres municipalités
dans le monde ont déplacé des montagnes pour développer des plans d'eau
dignes de ce nom. Pourtant, il y a ici un bassin propice à la baignade
au cœur de la ville, mais dont l'accès est défendu aux citoyens et aux
touristes sous peine d'amende ou d'emprisonnement. Comme si, à Québec,
les gens devaient se contenter de regarder les beaux paysages, sans pouvoir
y toucher et en profiter.
Des
efforts ont été faits depuis quelques années pour améliorer l'attrait
du bassin Louise, qui a été agrémenté d'une piste cyclable et de kiosques.
Mais il n'en demeure pas moins qu'on a choisi d'enclaver l'un des plus
beaux coins de la ville d'innombrables stationnements au lieu d'en faire
un lieu propice aux sports nautiques et à la villégiature.
Pourtant,
nul besoin d'aller très loin pour constater à quel point une plage au
centre-ville constitue un atout de taille pour les citoyens. Ottawa, Gatineau
et Montréal offrent des exemples intéressants à ce chapitre. La qualité
de l'eau n'y est pas toujours impeccable, mais les gens qui n'apprécient
pas ce genre de baignade peuvent à tout le moins s'étendre sur le sable
et profiter de l'été. Dans chacune de ces municipalités, la plage est
devenue un lieu de rassemblement et de divertissement qui contribue à
la vitalité du centre-ville.
La
baie de Beauport jouera évidemment une partie de ce rôle, mais ce site
est moins accessible que le bassin Louise. D'ailleurs, l'un n'exclut pas
l'autre. Comme d'autres villes au pays, Québec aurait intérêt à profiter
au maximum de tous ses cours d'eau au lieu de simplement se contenter
de les admirer.
Julie
Lemieux
JLemieux@lesoleil.com
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