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ANSE BROWN Un véritable accès au fleuve

(À Claude Vaillancourt)

(texte de M. Daniel Dubuc paru dans le journal Le Soleil du Le jeudi 20 avril 2006)

Votre article sur l'anse Brown a su piquer ma curiosité lorsque vous écrivez "ce cadeau devrait permettre de valoriser le caractère historique de ce lieu situé en face du secteur du Cap-Blanc".

Samedi dernier, le New York Times invitait ses lecteurs à visiter Montréal sur l'eau. Ce journal n'a jamais rien écrit sur Québec et le tourisme sur l'eau. Pourtant, Québec est l'une des plus belles villes à voir à partir de l'eau. À Québec, on n'aime pas le fleuve. On adore le regarder, s'y promener au bord mais non l'utiliser. La Ville de Québec m'a invité à faire une présentation l'hiver dernier devant un comité devant décider de l'avenir de l'anse Brown. Quatre des cinq groupes demandèrent une rampe de mise à l'eau afin d'avoir "accès à l'eau". L'une d'entre elles était particulièrement intéressante car elle concernait les canotiers (course en canot). Québec est la seule ville au monde à posséder une association de canotiers sur glace !

Lorsque j'étais à l'université, Claude Cossette enseignait qu'un nouveau produit avait beaucoup plus de chance de réussir s'il était un USP, Unique Selling Product. Québec a ce produit unique mais ne le"voit" pas. Québec, une ville de 500 000 habitants, n'a pas de rampe de mise à l'eau municipale libre d'accès. Les canotiers pratiquent donc leur sport, unique au monde, dans des conditions misérables, offrent un spectacle très prisé du Carnaval mais ne reçoivent aucun appui de Québec.

En ce qui me concerne, je fais du nautisme depuis 1986. Mon épouse et moi avons pris à quelques reprises nos vacances à la baie Georgienne en Ontario dans un endroit où on retrouve plus de 30 000 îles. Parry Sound nous a fait réaliser que nous avions un problème à Québec.

Cette ville a une population de 14 000 citoyens et on y retrouve 10 marinas. La ville elle-même possède sa propre marina sur le plus beau site de la région, adjacente à une rampe municipale gratuite et une plage municipale pour la baignade, avec stationnement pavé, éclairé et gratuit.

Pourquoi gratuit ? Pour la même raison que les gens préfèrent magasiner dans des endroits où le stationnement est gratuit. Parlez-en aux propriétaires de centre commercial ! Nous avons rencontré beaucoup de gens au cours de ces voyages qui aimeraient voir Québec à partir du fleuve car la ville a une histoire prestigieuse. Ils ne viennent pas parce que Québec n'est pas équipée pour les recevoir (pas de rampes de mise à l'eau).

15 000 nouvelles embarcations

Pour vous donner une idée du développement du nautisme pour la seule région de Québec, 15 000 nouvelles embarcations ont été enregistrées au cours des sept dernières années pour atteindre un total de plus de 28 000. Les marinas locales n'ont ajouté que 100 places à quai aux 1000 existantes en 1998. Ce n'est pas tout le monde qui a les moyens d'avoir une place à quai pour son embarcation ; alors, où sont les 14 900 autres ? Sur remorque pour la plupart.

L'anse Brown est le seul endroit du littoral de la ville de Québec où des embarcations pourraient être mise à l'eau 24 heures par jour, sans danger, protégé des vagues et du courant. Point. À Québec, lorsqu'on parle "d'accès au fleuve", on veut dire "accès au bord" du fleuve. Ailleurs, on veut dire "accès sur le fleuve" avec les retombées économiques que ça représente.

Alors, lorsque vous écrivez "ce cadeau devrait permettre de valoriser le caractère historique de ce lieu situé en face du secteur du Cap-Blanc", je me dis que le vrai cadeau aurait été de redonner aux citoyens par terre ou par mer, spécialement les citoyens ordinaires, l'accès au cap Diamant que Champlain trouva si fascinant qu'il y fonda une ville.

Daniel Dubuc

L'auteur a été conseiller municipal à Cap-Rouge. Il habite Saint-Romuald. © 2006 Le Soleil. Tous droits réservés.